HISTORIQUE / INFOS PRATIQUES

 

LE JUDO

 

Une célèbre légende nippone raconte qu'en observant les branches chargées de neige et voyant les plus grosses casser sous le poids de l’agresseur naturel et les plus souples s’en débarrasser en pliant, un moine fit le constat suivant : le souple peut vaincre le fort.

S’inspirant de cette observation et prenant comme point de départ le jujitsu des écoles "Tenshin Shinyo Ryu" et "Kito Ryu" - qu'il avait pratiqué durant 6 années - Jigoro Kano posa en 1882 (à l'âge de 22 ans) les principes fondateurs d’une nouvelle discipline : le Judo, littéralement « voie de la souplesse ». Le souhait de Kano était de populariser une méthode visant à mieux utiliser ses ressources physiques et mentales. Jigoro Kano avait conscience que le jujitsu tel qu'il était pratiqué n'était plus adapté à l'époque moderne. En s'inspirant des méthodes de différentes gymnastiques occidentales, il décida d'expurger du jujitsu les mouvements dangereux ou inefficaces et de codifier les techniques restantes afin de faciliter leur enseignement. Autre "révolution", il inventa la technique des "brise-chutes" et l'emploi systématique des "randoris" (combats) pour s'entraîner. Il était évident que l'art de la souplesse, débarrassé de sa vocation guerrière, n'était plus du jujitsu, mais un nouvel art martial à vocation éducative. Le Judo était né, et Kano créa sa première école, le KODOKAN, à Tokyo... Au fil des décennies, le Judo de Kano évolua, se fit plus précis et un certain nombre de techniques, tant debout qu'au sol, furent découvertes, s'ajoutant au patrimoine de départ.

 

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Le judo connut un succès qui s'étendit largement au-delà des frontières japonaises et contribua à populariser les arts martiaux japonais. Dès ses origines, il s'orienta de plus en plus vers l'aspect sportif lorsque les champions du Kodokan eurent définitivement battu la plupart des écoles de jujitsu au cours de combats organisés au Japon. Le prestige du Kodokan fut ainsi définitivement installé en terres nippones. Depuis, le judo ne cessa de se développer au niveau mondial. En 2006, la Fédération Internationale comptait 189 pays membres.

En France, le judo est apparu dans les années trente, mais il se développa surtout après la deuxième guerre mondiale sous l’impulsion de Maître KAWAISHI et de Paul BONET-MAURY, président-fondateur de la Fédération Française de Judo en décembre 1946.

A partir des années 60, le courant sportif est devenu dominant. Le judo masculin fut introduit comme sport de démonstration lors des Jeux olympiques de Tokyo en 1964, puis il est devenu officiellement discipline olympique en 1972 à Munich. Déjà brillants lors des compétitions européennes jusque-là, les judokas français y ont obtenu leurs premiers lauriers, puis au Championnat du monde de Vienne en 1975 où Jean-Luc ROUGÉ est devenu le premier champion du Monde français. Le judo féminin fit son entrée dans le programme olympique aux Jeux de Séoul en 1988, comme sport de démonstration, avant d'être définitivement accepté à partir des Jeux de Barcelone en 1992. Depuis, les résultats français n’ont fait que progresser tant chez les garçons que chez les filles. En 2000, aux Jeux Olympiques de Sydney, David DOUILLET est devenu le judoka le plus titré de tous les temps (4 fois Champion du Monde et 2 fois Champion Olympique). Aux Jeux Olympiques de Londres 2012, la France récolte 7 médailles : l'or pour Teddy Riner et Lucie Décosse, et cinq médailles de bronze pour Priscilla Gneto, Automne Pavia, Gévrise Émane et Audrey Tcheuméo, ainsi que Hugo Legrand. Aux Jeux Olympique de Rio (2016), la France récolte 5 médailles (deux d'or avec Teddy Riner & ÉMilie Andéol, deux d'argent avec Clarisse Agbegnenou & Audrey Tcheuméo, et une de bronze avec Cyrille Maret).

Franchi en 2003, le cap des 580 000 licenciés place désormais la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées comme la troisième fédération « olympique » en France. 

 

 LE JUDO : UN PARCOURS DE VIE, UNE AVENTURE !

Le "code moral" du judo français

Spécificité française, le code moral du judo fut créé en 1985 par Bernard Midan, sur la base du "code d'honneur et de morale du Collège National des Ceintures Noires" de Jean-Lucien Jazarin et sur celle du texte d'Inazō Nitobe,célèbre auteur japonais du livre "Bushido, l'âme du Japon" en 1899.

L'enseignement du judo est accompagné de l'inculcation au judoka de fortes valeurs morales. Certaines valeurs du judo sont donc directement extraites du bushido (le code d'honneur des anciens samourais). Les plus connues d'entre elles sont peut être le Respect et le Contrôle de Soi ou encore le fait qu'on apprend aux jeunes judokas que c'est "mal" de fuir un combat. (En effet, dans un entrainement de judo, lorsqu'un autre judoka vient vous demander d'être son partenaire pour un randori, vous n'avez pas le droit de refuser, même lorsque vous savez qu'il est beaucoup plus fort que vous.)

Le respect et la confiance du judoka envers un autre judoka lors d'un combat sont absolus. Les nombreux "saluts" et "cadres de la pratique" sont sans doute la marque la plus visible de ces règles qui régissent le judo.

Le serment de Jigoro Kano

" Je deviens disciple du Judo et je jure sur l’honneur de ne pas en cesser la pratique sans raison importante.

Je jure de ne rien faire qui puisse déshonorer le Judo.

Je jure de n’en pas dévoiler les secrets, sauf autorisation spécifique.

Je jure de suivre toutes les règles régissant le Dojo pendant et après mon apprentissage et lorsque j’enseignerai à mon tour le Judo de ne jamais les violer. "

 

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La "Cérémonie du Salut"

REISHIKI (début de cours) la cérémonie (shiki) du salut (rei)

 

« Seiza » (annoncé par le professeur) : Tous les pratiquants s'agenouillent simultanément ;
« Kiotsuke » (annoncé par le professeur) : Attention ! Dos droit ;
« Mokuso » (annoncé par le professeur) : Fermer les yeux pour une petite méditation, faire le Vide... Tout le monde se tourne vers Shomen.
« Mokuso yame » (annoncé par le professeur) : Méditation terminée ;
« Shomen ni rei » (annoncé par l'élève le plus gradé (Sempaï)) : Saluer le fondateur. Sans lui, il n'y aurait pas de judo ;
« Sensei ni rei » (annoncé par l'élève le plus gradé (Sempaï)) : Saluer le professeur. Sans lui, il n'y aurait pas de cours (Shihan-ni-rei lorsque un authentique maître préside);
« Otagai ni rei » (annoncé par l'élève le plus gradé (Sempaï)) : Saluer les autres pratiquants. Sans eux, il n'y a pas de partenaires ;
« Kiritsu » (annoncé par le professeur) : Les pratiquants se relèvent simultanément.
Ce rituel peut varier d'un dojo à l'autre, mais on accorde toujours une grande importance à l'ouverture et la fermeture d'une séance de judo. Le judo débute et se termine dans la courtoisie.
Sans le respect de l'étiquette et sans l'étiquette du respect, il ne peut y avoir de judo.

 

REISHIKI (fin de cours)

 

« Seiza » (annoncé par le professeur) : Tous les pratiquants s'agenouillent simultanément ;
« Kiotsuke » (annoncé par le professeur) : Attention ! Dos droit ;
« Mokuso » (annoncé par le professeur) : Fermer les yeux pour une petite méditation, faire le Vide... Tout le monde se tourne vers Shomen.
« Otagai ni rei » (annoncé par l'élève le plus gradé (Sempaï)) : Saluer les autres pratiquants. Sans eux, il n'y a pas de partenaires ;
« Sensei ni rei » (annoncé par l'élève le plus gradé (Sempaï)) : Saluer le professeur. Sans lui, il n'y aurait pas de cours (Shihan-ni-rei lorsque un authentique maître préside);
« Shomen ni rei » (annoncé par l'élève le plus gradé (Sempaï)) : Saluer le fondateur. Sans lui, il n'y aurait pas de judo ;
« Kiritsu » (annoncé par le professeur) : Les pratiquants se relèvent simultanément.

 

 

"Si vous voulez que votre dojo soit une salle, ce sera une salle ; si vous voulez que ce soit un dojo, ce sera un dojo !" Nobuyoshi Tamura.

 

 

Les catégories

Lors des compétitions officielles, les judokas sont répartis en catégories en fonction de leur poids. Les combats se font ensuite entre judokas d'une même catégorie et un classement final est obtenu pour chaque catégorie.

Il y a aujourd'hui 7 catégories masculines et 7 catégories féminines dans la catégorie "seniors" :

hommes : - 60 kg, - 66 kg, - 73 kg, - 81 kg, - 90 kg, - 100 kg, + 100 kg.

femmes : - 48 kg, - 52 kg, - 57 kg, - 63 kg, - 70 kg, - 78 kg, + 78 kg.

 

Commentaires (3)

^^
  • 1. ^^ | 12/10/2011
Merci pour toutes ces infos à la personne qui a pris le temps de me répondre ( désolé je viens juste de voir qu'une réponse avait été donné à toutes mes interrogations ).
On cerne mieux le personnage qu'était maître Kano. Je ne savais pas notamment que monsieur était noble...
Finalement, il aurait très bien pu être homme politique ou journaliste ... Sa destinée n'était pas du tout écrite comme telle puisqu'il a radicalement changé de voie...
Heureusement pour tous les adeptes de ce sport qui n'aurait certainement pas suivi, lui non plus, le même cheminement...
Merci encore, c'est très gentil !^^
<..>
  • 2. <..> | 13/08/2011
En fait, Jigoro Kano a fait de brillantes études à la faculté de Sciences Politiques et de Lettres de Tokyo. De bonne famille japonaise, il épousa la fille d'un ambassadeur du Japon en Corée.
Il fut conseiller du ministre de l'Education Nationale Japonais, et professeur à l'Ecole Normale Supérieure et travailla aussi pour le Ministère de la Guerre, comme Président du Centre d'Études des Arts Militaires Japonais.
Il consacra sa vie au développement du judo dans le Monde et au Japon. Membre de la noblesse, il fut délégué olympique.
Il mourut à 78 ans d'une pneumonie au retour d'un voyage en bateau au Caire (où il s'était rendu pour une réunion du Comité Olympique, en préparation des Jeux Olympiques d'alors).
Son fils fut président de la Fédération Internationale de Judo.
^^
  • 3. ^^ | 21/06/2011
C'est rare de trouver des vidéos de maître kano. Finalement, on sait peu de choses sur lui à part le judo ...
Que faisait-il avant de créer son école, si il a laissé des héritiers, comment est-il mort, a t'il laissé des édifices à son nom ? ... Ce serait interessant de savoir ( enfin pour ma part 62: )

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